21 octobre 2009
Tomber raide dingue de brunettes.
. . . Je me sens seule parmi la foule. Je mange peu. Dors peu. Vis quelque part entre agonie et frissons délectables. Je suis déjà morte et encore agonisante. C’est nulle part, tout ça. Et loin quand même. Les manigances me font gerber. Je voudrais crever de culpabilité. De ma culpabilité et de celles qu’ils n’ont pas. Vomir cette incertitude du meilleur à venir et cette éternelle déception. La vacuité, à vomir. Crever du trop-plein, éructer le sordide, abhorrer l’abondance, refuser la médiocrité du squelettique, adorer l’excès. Déçue et décevante dans une robe à paillettes. Etre sobre et ivre. Abandonnée et étouffée. Muette et volubile. La douleur qui suinte et que lamentablement je désinfecte encore et encore. Punching-ball chéri, je boxe et cogne mes pensées morbides. Chiennes fidèles. Je suis une salope du néant. Infectée, épluchée. Entailles mentales, visualisées sur mes cuisses. Infectée de paroles, de bruits, de silences. Epluchée. Tout me rappelle à mon inadéquation fondamentale. Indifférence salutaire et mortifère. Flouer les acuités. . . .
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Je hais les insomnies. Je revois le canal boueux. L’aurore grisâtre. Trop peu couverte. Salie de larmes. Le canal boueux, les herbes grasses, la pluie fine et pas assez glaciale. Le foulard qui glisse sur mon cou. Le canal boueux, l’aquarium, le déchirement qui a duré des heures et des heures, la résignation plus douloureuse que la perte. Je revois le canal boueux. Je revois la cuvette d’émail blanc souillée du liquide noir et épais. Je revois le corps immergé dans le bain, la mousse blanche et légère sur le corps strié de meurtrissures sanguinolantes, les zones empourprées, leur périphérie jaunissante. Et avoir oublié comment c’était arrivé, comment ça avait commencé. Je revois tout ça. La stupeur, l’hébétement à chaque coup. Les excuses empressées. Les insultes. Je revois le dédain universel. Je revois comment peu à peu je me suis construite dans le mépris, construite un beau masque, une belle expression hautaine. Je revois tout ça à chaque fois que ma respiration haletante devrait cesser.
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Samedi je retourne aux pacotilles. Je retourne aux dîners champagnisés, je quitte les pulls trop larges, j’enfile une robe ceinturée, je déguste risotto et macarons, j’observe le vin avec la petite moue experte que je connais mieux que le-dit nectar, je retourne au pays des mirages. Je remets les œillères, j’écoute parler de finance et glisse un commentaire bien senti d’Allais comme un pauvre pied de nez dans la mare stagnante d’une suffisance dévastatrice. Et j’oublie tout ce que j’ai revu : un verre de trop et ça ira.
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[Battant - the XX - Karen O des Yeah Yeah Yeahs]
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