29 octobre 2009
Schemes. Quelque chose d'enchâssé.
« Brooklyn we go hard, we go hard » (Jay-Z feat Santogold)
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Retour de la jeune fille d’en haut. Ca faisait trois ans qu’elle s’était volatilisée dans les méandres spongieux du souvenir, ou élevée à d’autres clartés contrastées.
Quand est-elle revenue ? Peut-être quand je suis allée à la boulangerie, sur les coups de 17 heures, les paupières encore gonflées de sommeil, l’allure faussement assurée, à très grands pas et mimant l’arrogance des minettes qui snobent les passants. J’ai vacillé au « bonsoir ! » lancé par la boulangère : non, je me levais tout juste, ce ne pouvait être qu’un « bonjour ! ». Hagarde, je suis rentrée, et le danseur prodigieux sortait du bain. Il avait un grand sourire radieux des matins qui n’ont pas déchanté. Par deux fois, des petits déjeuners orgiaques, à faire fondre du chocolat pour le tartiner sur les croissants, avec le plein soleil sur nos visages d’enfants pas sages. On s’est promené dans les parcs et la jeune fille d’en haut était là, qui m’avait suivi depuis la boulangerie et voulait m’attraper. Les feuilles roussies craquaient sous ses souliers du désespoir. Elle murmurait l’égarement. Elle pinçait nos joues embrasées par autre chose que le petit vent frais d'un automne ensoleillé. Elle retenait le danseur prodigieux par un pan de sa veste en velours côtelé sans qu’il se rende compte de rien. Elle voulait qu’il danse encore et rire de mes regards de fille traquée, à droite, à gauche. Je la vis dans le reflet de mon verre, sur l’éclat nacré de la peau du danseur prodigieux.
La jeune fille d’en haut
Jusqu’à la lie
Absorbe les promesses sensuelles
Admire les prouesses des mondes insoupçonnés
Attends des nouvelles de l’absurde.
Je sens son goût du sacré qui afflue dans mes mains et les fait retenir le visage du danseur prodigieux. Quand il me serre dans ses bras, n’est-ce pas elle qu’il retient de sourires en soupirs ? J’ai peur qu’elle soit de retour, que ce soit l’automne foutraque d’un grand n’importe quoi sans doute orchestrée par quelqu’un qui s’ingénie à me cacher la partition. J’aurais beau dire que je ne sais déchiffrer la clé d’ut, il ne me montrera aucun signe, si énigmatique puisse-t-il être. Ce ne sera que flou ruineux et plaies béantes. Pépites sacrées et abandon ornemental.
Le danseur prodige a esquissé encore quelques pas, puis s’en est allé.
La jeune fille d’en haut n’en est que plus présente.
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Ensuite, l’aimé est arrivé. Devant un festin de sushi, sur le canapé étendu, et moi qui dansais avec la jeune fille d’en haut : Brooklyn we go hard, we go hard. Et puis j’ai chassé la jeune fille d’en haut. Du wasabi dans les yeux, une giclée de sauce soja sur ses globes qui se gonflent de larmes qui jamais ne couleront. Un pas chassé, un petit lock comme réminiscence de la période hip-hop, quelques contorsions, sentir les muscles se raidir, tournoyer, lovée dans le plaid élimé, une valse insensée qui puisse conjurer les mauvais sorts que jette la jeune fille d’en haut sur ses sœurs perdues. L’aimé a goût de chocolat. L’aimé a soupçonné l’occulte et l’a traqué sous les pans moelleux du rideau, celui du spectacle de nos amours. Je me rejoue la scène, ce matin, sans y voir la jeune fille d’en haut. Elle n’a pas oublié ses souliers sur le tapis, cette fois. Aussi est-ce sans doute l’espoir futile qui surpasse l’idylle et donne chair et saveur à l’amour dédaigné et pourtant si ancien déjà, si neuf encore, si prometteur toujours.
23 octobre 2009
Incube
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Au programme des hostilités/festivités, il y a déjà eu quelques conférences craquignolesques : Azouz Begag, fabuleux.
Une au sujet du lyrisme dans la poésie d’Emily Dickinson (excellente quoique la conférencière soit dotée d’un charisme de mouche morte).
Et puis du théâtre, avec enfin ! la Danseuse Malade et l’énigmatique Jeanne Balibar dans cette mise en scène déroutante que j’ai peut-être aimée.
Ce soir commence un certain mini-festiv électro que je risque d’aller voir ne serait-ce que pour Mondkopf découvert sur le tard. Ne serait-ce que pour la jolie reprise de ces petits prodiges : Hey you, ça s'appelle.
Demain, retrouver mon amour. Donc talons vertigineux, bas un brin rétro et autres lingerie de prestige. Donc roquefort papillon et délicieusetés diverses.
Dimanche, accueillir le garçon en transit entre son école de co parisienne et sa ville natale pour quelques jours de marrade confidentielle. C'est-à-dire : calfeutrés, devant moult chocolats chauds fumants et débats fameux.
Tout ira très vite, il faudra quand même ficher la presse, lire beaucoup et peut-être passer interviewer un élu lors du week-end qu’Al et moi passerons à Dinard (depuis le temps !)…
Bref, on délaisse le club des vacances fiévreuses, on joue la dame, et on clame haut et fort que ça nous plait mignonnement.
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L’inconstante se fait une raison : elle crée le débordement d’un battement de cil, le dézingue d’un soupir exaspéré, l’idolâtre au creux de son iconoclasme belliqueux. C’est une revanche. Sur son impuissance répétée. Elle en fait son credo des jours mornes où seul l’empressement recèle quelque grandeur minuscule. Elle se bouche les oreilles jusqu’aux tympans saturés du hurlement dans les nuits fraîches. On lui disait : ne crois pas aux miracles. N’est-ce pas un miracle que de n’avoir pas écouté l’injonction répétée encore et encore ? Le miracle, c’est peut-être ça : être encore quelque chose qui bouge et essaie de réfléchir. Quelque chose qui trébuche. Quelque chose qui tâtonne même en pleine clarté. Quelque chose de maladroitement ajusté à l’alentours. Quelque chose que l’on poursuit. Et lui m’a retenu. Je n’ai qu’une excuse : il m’a supplié sans grâce et imploré férocement. Et puis soudain, il a dit des choses justes qui m’ont horrifiées. Quand je suis horrifiée, je suis conquise. Horrifiée du trop-plein et adepte de saturations zébrées, je n’ai pas cédé : j’ai voulu.
21 octobre 2009
Tomber raide dingue de brunettes.
. . . Je me sens seule parmi la foule. Je mange peu. Dors peu. Vis quelque part entre agonie et frissons délectables. Je suis déjà morte et encore agonisante. C’est nulle part, tout ça. Et loin quand même. Les manigances me font gerber. Je voudrais crever de culpabilité. De ma culpabilité et de celles qu’ils n’ont pas. Vomir cette incertitude du meilleur à venir et cette éternelle déception. La vacuité, à vomir. Crever du trop-plein, éructer le sordide, abhorrer l’abondance, refuser la médiocrité du squelettique, adorer l’excès. Déçue et décevante dans une robe à paillettes. Etre sobre et ivre. Abandonnée et étouffée. Muette et volubile. La douleur qui suinte et que lamentablement je désinfecte encore et encore. Punching-ball chéri, je boxe et cogne mes pensées morbides. Chiennes fidèles. Je suis une salope du néant. Infectée, épluchée. Entailles mentales, visualisées sur mes cuisses. Infectée de paroles, de bruits, de silences. Epluchée. Tout me rappelle à mon inadéquation fondamentale. Indifférence salutaire et mortifère. Flouer les acuités. . . .
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Je hais les insomnies. Je revois le canal boueux. L’aurore grisâtre. Trop peu couverte. Salie de larmes. Le canal boueux, les herbes grasses, la pluie fine et pas assez glaciale. Le foulard qui glisse sur mon cou. Le canal boueux, l’aquarium, le déchirement qui a duré des heures et des heures, la résignation plus douloureuse que la perte. Je revois le canal boueux. Je revois la cuvette d’émail blanc souillée du liquide noir et épais. Je revois le corps immergé dans le bain, la mousse blanche et légère sur le corps strié de meurtrissures sanguinolantes, les zones empourprées, leur périphérie jaunissante. Et avoir oublié comment c’était arrivé, comment ça avait commencé. Je revois tout ça. La stupeur, l’hébétement à chaque coup. Les excuses empressées. Les insultes. Je revois le dédain universel. Je revois comment peu à peu je me suis construite dans le mépris, construite un beau masque, une belle expression hautaine. Je revois tout ça à chaque fois que ma respiration haletante devrait cesser.
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Samedi je retourne aux pacotilles. Je retourne aux dîners champagnisés, je quitte les pulls trop larges, j’enfile une robe ceinturée, je déguste risotto et macarons, j’observe le vin avec la petite moue experte que je connais mieux que le-dit nectar, je retourne au pays des mirages. Je remets les œillères, j’écoute parler de finance et glisse un commentaire bien senti d’Allais comme un pauvre pied de nez dans la mare stagnante d’une suffisance dévastatrice. Et j’oublie tout ce que j’ai revu : un verre de trop et ça ira.
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[Battant - the XX - Karen O des Yeah Yeah Yeahs]
16 octobre 2009
Neophiliac.
(Ellen Gallagher)
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Du café dans le chocolat chaud, du Lambrusco pour que les débats littéraires dérivent de Proust à Dostoïevski en passant par Cerca.
« Pourquoi insistez-vous sur cette frénésie euphorique de votre … ? ». Peut-être pour ne pas parler d’hystérie. On est parfois confronté aux êtres les plus insondables qu’il soit. Ceux qui ont peu reçu et se sont interdits de posséder. Qui entretiennent une sorte d’ascèse masochiste et réfrène leur fringale de saisir ce qu’ils méritent. Petite je construisais une cabane sous la couette. Je pensais que c’était peut-être l’équivalent miniature des cages exiguës des adultes. J’étais propriétaire et exclue, tenant beaucoup à ma misérable cabane (je l’imaginais sordide quoique le moelleux de la couette et mes rêves de princesse aurait pu me faire envisager différemment la tanière) si dépeuplée. La frénésie euphorique n’en est peut-être une que si on la compare aux phases de prostration, très cycliques mais toujours imprévisibles. Mystérieusement tragiques : comme le retour d’un mal enraciné mais fleurissant parfois d’illusions comme autant de cache-misères. Que dire alors de la détresse de celui qui voit, quand son acuité lui fait croire qu’il éprouve à son tour ? Ce malaise millénaire vicie l’air et étouffe l’observateur confronté au malade qui après-tout, ne fait que survivre à la mort. Mais il y a les sursauts d’hilarité. Rien à voir avec une autodérision salvatrice. C’est le pur narcissisme triomphant de la victime sure de son droit à souffrir et à disséquer son malheur à n’en plus finir. Et alors on assiste aux scènes les plus tristes : une joie fébrile jouée sur une scène vermoulue, un acharnement à ressusciter l’opulence pourtant refusée.
Je ne fais plus de cabane sous la couette. Je range soigneusement ma penderie repeuplée de lingerie affriolante et de fringues bien plus sages. Et on me dit que ce rôle d’araignée que je suis loin d’avoir refusé m’a fait chercher tour à tour des mouches innocentes ou mygales plus effrayantes que la peur que je m’inspire. Peut-être que la force de manipulation, à supposer qu’elle existe, opère d’autant mieux que l’on ne se rend pas compte que les autres ne sont pour nous que des pantins. On se croit, avec une mauvaise foi insoupçonnée, la grâce d’un prestidigitateur qui donne vie à l’inerte, qui donne sens à l’existence de ceux qui lui servent de moins bien noble façon. Parfois, je les vois pour la première fois. Dans leur singularité qui m’anéantie. Leur indépendance que j’avais refusé jusqu’alors. Et au final je songe ne m’être leurrée que pour ne pas me sentir abandonnée. Et la toile qui les emprisonnent irrémédiablement se balance au vent d’une désillusion cruelle. Je dois les manger. Ou me persuader que j’ai perdu l’appétit. Et laisser la proie à bestiole moins empêtrée dans l’entrelacs de ses pensées contradictoires.
05 octobre 2009
Smart kids.
« Je ne suis pas sage, je suis très cruelle, mais nul homme n’enrage, car je suis très belle. »
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vs
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"Make it take it" (Amanda Blank)
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La petite, elle a un peu vieilli. Rien de sérieux, rien d’impardonnable. Ce rictus, parfois, dont elle ne se soucie pas. Elle ne choie rien d’autre que la futilité à toute épreuve, l’insouciance feinte sans grâce et se farde d’une élégance toute artificielle. L’aimé aurait pu se noyer dans la lumière verdâtre du second aquarium, le plus grand, qui trône dans le salon. Le ronronnement de la pompe dans le silence assourdissant de la nuit, puis les cris, les tirades, le sordide. Et quand ils ont vieilli, les petits cons qui s’étaient pris pour des dieux ont cessé de narguer les mortels de leur amour insolent et sublime. On a dit à l’impudente : ce n’est que symptomatique.
Ils ont défié la précarité et le scabreux, et puis sans être sûrs de leur triomphe, les voilà remontés sur l’Olympe sans y être invités. Discrètement, ils ourdissent mille projets fous et téméraires.
Bien sûr, ces escarpins ont le talon tranchant. Et ils maigrissent un peu vite. Et ils assurent qu’ils n’ont peur de rien. Et ils sont abrutis d’une ambition qui les consume plus vite que leur avidité ne peut les faire avancer. Mais ils savent. La démesure, c’est de la dynamite. Qu’explose le grotesque et n’apparaît plus qu’une gloire qu’ils n’ont pas usurpé, tout juste théâtralisé, avant qu’elle s’incarne tout à fait.
La petite est rusée, qui tend des pièges aux amants en espérant qu'ils ne tombent pas dedans.
28 août 2009
Bisounours
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Scratch your name !
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Jl, 16 ans.
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.The catcher in the rye, lecture collective.
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Rennes-Marseille. 9h-16h
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La palanquée des Bisounours explore... Depuis le quai.
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Fred Sathal, expo.
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"Bonjour, je souhaiterais réserver une table au nom de Monsieur et Madame Dlcx".
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Un brumisateur ou je tue le chien. 13h, l'heure d'aller à Notre-Dame de la Garde ?
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Verveine, pamplemousse, framboise dans le quartier du Panier.
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Polikarpov, mojitos et pas-chère-pas-chère la vodka.
15 juillet 2009
Ecstasy.
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Just for the hell of it.
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I scream, you scream, we all scream for ice-cream
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Corporate.
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En flou après la in da club session.
Les enfants capitulent.
Pas évident.
I'm always on drugs.
Homard d'Aquitaine et fredaines de jeunesse.
N'en jetez plus, la coupe fut pleine.
"He thought he was the handsomest guy in the Western Hemisphere. He was pretty handsome, too, I'll admit it."
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08 juillet 2009
Ouranopithecus
« Qu’aimerais-je sinon l’énigme ? »*
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Fond sonore : "Behind the wheel", reprise par Maxence Cyrin au piano dans son précédent album Modern Rhapsodies.
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J’ai toujours senti l’inéluctable d’une mort précoce. C’était l’impossible après. Il ne pourrait y avoir meilleurs cookies que ceux mangés sur cette crique de Méditerranée, à flanc de falaise, avec les légers clapotis d’une eau trop calme. Les miettes beurrées jusque sur le lycra orange du maillot. Quand on écrivait aux grands-parents avoir admiré des « kyrielles de poissons multicolores et sublimes » et qu’on rechignait à porter des sandalettes en plastique sur les galets. Quand on commençait, pourtant, déjà, à rentrer le ventre parce qu'on s'entendait dire qu'il faudrait éviter de grignoter à l'avenir. Il n’y pourrait y avoir plus douloureux que ces larmes haineuses, ces cris stridents dans l’appartement des thermes de Saint-Jean-de-Luz, quand le goût du sang supplantait assez vite celui de la confiture de griottes sur le fromage de brebis et des charcuteries en tranches très fines.
La nuit, j’y songe, le temps que les cachets fassent leur effet. -Aujourd’hui, visite med’, j’ai menti (pas de traitement particulier, non).- L’insomnie est ce moment cruel où on s’obstine à respirer quand l’esprit voudrait absolument abandonner ce corps ayant enduré sans patience la lassitude, le doute, ces vétilles insurmontables. On ne cherche plus le sommeil, on voudrait trouver la clé du renoncement. Quelque chose qui y ressemble comme : une cessation sans regret comme on se sépare d’un truc qu’on ne détestait pas mais devenu superflu. Non pas qu’il y est plus important. Mais on oublie hiérarchies et conflit de propriété, on sent que l’abnégation correspond à ce dénuement profond, demeuré heureusement insondable. On me dit désarmante, je ne me sens que désarmée. Et forte, parfois, de l’être, d’être prête à me noyer dans n’importe quel océan de solitude, surtout le plus sale.
Mais il y a Alexandre. Qui est fou de ma joie de vivre, dit-il. Je n'ai, il est vrai, jamais tant ri et souri, même pas niaisement, comme on se délecte d'un contentement plus vaste que nos théories sur l'existence. Quand je pleure derrière mes lunettes de soleil, il les lave à l’eau claire et baise mes yeux rougis. Il coule avec moi. Dans l’écume des plongées avec excellente visibilité. Parés d’épaisses combinaisons. Longtemps. Dans l’eau fraîche des baignades de bouées jaunes en casiers. On en rentre affamés. Dînant d’étrilles, de homards et d’ormeaux tout juste poêlés, nourris au beurre salé. – Aujourd’hui, visite med’, j’ai menti (comment ça je fais le même poids qu’il y a deux ans quand vous étiez sceptique ? Bien sûr que je mange !).
Al a brisé mon horloge interne. Le compte à rebours si minutieusement réglé qu’il ne peut tenir que de la supercherie mécanique. Il est obstiné. Je termine toujours tard le travail. Un collègue m’a proposé de partir avec lui en week-end, aussitôt rappelé à l’ordre par l’agent de sécu qui en a profité pour m’inviter à son tour. J’ai gambadé jusqu’à la sortie. Enfilé une jupe légère. Des sandales. Teinte « Flamenco » sur les lèvres sèches des baisers qui m’auront manqué. Je n’arrive que bien tard sur le parking avec vue. A mi-chemin, la vue, c’est sur une grande église, style gothique, silhouette sombre qui se découpe sur le ciel encore clair. A toute bringue, la voiture de X. déboule. Il fait encore chaud et je ne suis plus fatiguée. Al m’enlace, X. arbore son air de minet parisien le plus coquet, tout vêtu de noir, vêtements prêts du corps et cheveux blonds qui ondulent doucement dans le vent tiède de cette soirée d’été. Al tient ma main, le trajet est encore un peu long, tous les samedis c’est ainsi : 113 kilomètres vers la bulle des week-ends à la mer. Dans le jardin il y a la nouvelle voiture d’Al, si on peut appeler ainsi ce carrosse pourri d’un rouge passé. Je ne vois pas tout de suite beau-papa, dont le polo vert se confond avec celui du fauteuil où affalé il bouquine. On discute, on attend que belle-maman sorte de son bain, les joues tièdes, pour s’éclipser. Al et moi nous disputerons la gaufre recouverte d’un maximum de chantilly, sous la houlette de X. qui s’amuse de nos gamineries. On se promène longuement sur la côte, jusqu’à l’extinction des rayons rougeoyants sur la mer. On discute des propos d’Ecclestone au Times. On se dit que finalement on ne sortira pas ce soir. C’est sans importance.
Il y a ces jours heureux où j’aide beau-papa à faire le marché et m’amuse quand il invective une femme nous épiant : « eh oui, il y a un écart ! mais ne vous en faites pas, je suis le beau-père ! », où il me fait conduire sa grosse voiture et dérégler son GPS, où on cuisine tous les deux. Il y a ces jours heureux où on marche jusqu’à la plage en contrebas, où Al et moi nous succédons à lire les meilleurs passages de nos bouquins respectifs, où on a ces projets un peu fous, où on se remémore l'hiver passé à se rêver ensemble. Et maintenant s'aimer ne nous extrait pas d'une réalité encombrante, c'est une perception du réel d'une nouvelle acuité. J'ai longtemps haïs le réel et cru à la fuite. Maintenant il y a un monde imaginaire concret, jamais tout à fait matérialisé, au creux de ces "je t'aime" impuissants comme on souffre de ne pas réussir à transmettre exactement l'intensité tout en sachant combien l'autre l'éprouve aussi pleinement.
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C’est toujours peu plaisant de rentrer. 113 kilomètres. Je vais immédiatement courir. Le moins vite possible et le plus longtemps possible. Encore trois semaines. Ensuite, on migre vers le Sud. J’ai choisi : une semaine de plongée en Méditerranéenne.
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* De Chirico (Autoportrait)
07 juillet 2009
Dov'è? Si affretti !
"Vissi d’arte, vissi d’amore,
non feci mai male ad anima viva!
Con man furtiva
quante miserie conobbi aiutai.
Sempre con fè sincera
la mia preghiera
ai santi tabernacoli salì.
Sempre con fè sincera
diedi fiori agl’altar."
03 juin 2009
Canailles.
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«Si vous n'aimez pas la mer, si vous n'aimez pas la montagne, si vous n'aimez pas la ville... allez vous faire foutre !»
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Paris.
Après Warhol et les pâtes aux truffes, avant Saint-Germain et les macarons.
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Le Prince Tagada. Suivit de Sieurs G. et D.
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Sur le seau on grava quelques bêtises, avec l'ongle il fit un coeur énorme et je cru lire mon prénom mais c'est le moment où je décidais, précisément, d'être saoule.
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Crustacées et chamailleries.
(Le sur-lendemain, beau-papa commença par insulter mon décolleté d'une boulette de mie de pain. Je répliquai en piquant de sa mousse au chocolat et en lui barbouillant le nez de la-dite mousse. Il revint du barbecue les mains enduites de charbon et tandis qu'Al lui criait d'arrêter, m'en couvrit le visage. En retour, je lui versai une bouteille de lait dessus.)
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Bras blanc et bras brun.
Back to the roots, un peu. La mer et tout. Mais on lâche pas les Ray-Ban de p'tits cons, sinon à quoi bon.
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La Chaum', où on espère encore croiser Hugh Grant et checker la tenue de Lou Doillon, voire l'entraîner à danser sur de l'électro. Ouais-ouais.
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La khâgneuse ratée et l'ingénieur frustré.
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"Day'N nite"
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L'amour parfait. Sur un air de "Amour, Amour, je t'aime tant".
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La Fourberie. Rebirth.
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Des romans russes, des boudoirs, du thé Pouchkine, le vent du large, bientôt l'été.
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«- Quelle est votre ambition dans la vie ? - Devenir immortel et mourir.»












































































